28 février 2016

A day in the life of Melle Salt, librarian

Chers lecteurs,

Vous êtes nombreux à m'écrire chaque jour pour me demander à quoi ressemble une journée type de ma vie de bibliothécaire.
Je tenais donc à vous faire ce petit cadeau avant mon départ en voyage.

 Chaque matin, mes yeux s'ouvrent sur cette vue exquise du parc. Spectacle merveilleux et inspirant qui m'emplit de confiance et d'énergie.


 Quelques minutes de méditation me sont indispensables avant de consulter les mails paniqués et décousus que m'a envoyé le Konservator pendant la nuit. Puis je prends un instant pour répondre à quelques lettres d'admirateurs.


 J'enfile une tenue d'extérieur et file au chenil nourrir mes bêtes, qui m'accueillent avec liesse. La SPA me fournit gracieusement une dizaine de ses pensionnaires chaque matin pour leurs repas.
Puis vient l'heure de ma promenade matinale.


Je rentre revigorée et l'esprit serein.


Après ma toilette, je descends aux cuisines saluer mes gens, et prends le thé en leur compagnie. J'aime créer du lien et l'entretenir jour après jour.


Premier briefing de la journée avec Debbie, mon assistante personnelle, qui me donne mon programme du jour et m'informe des derniers potins et bruits de couloirs qui circulent à la médiathèque.


 Je passe à l'armurerie m'équiper pour la journée. Je fais mon choix en fonction de mon emploi du temps, mais je garde toujours mon 9mm sous la main en cas d'imprévu.


Mon chauffeur me conduit au travail.



 J'arrive à la médiathèque.


 Sylvie, la secrétaire, m'accueille avec un café et des croissants et m'informe que le SIGB a planté.


J'essaie de trouver notre interlocuteur dans les bureaux de la DSI.


Le problème réglé, je me rends dans les bureaux de l'Adjoint à la Culture pour faire le point sur les budgets.


Nous sommes interrompus par la visite inopinée de l'architecte en charge du projet de la future bibliothèque annexe, qui vient nous présenter la maquette, sous les cris enthousiastes de l'élu.


 Je me rends à la bibliothèque du quartier Beauséjour où m'attend Isabelle, la responsable, pour accueillir un journaliste et un photographe du quotidien local.


Isabelle prend une dernière pose sous les indications du photographe, pendant que le journaliste me donne les grandes lignes de l'article à paraître le lendemain, sur "Les coulisses de la bibliothèque Beauséjour".


Après avoir reclassé discrètement les livres qu'Isabelle a rangé n'importe comment, nous discutons ensemble de la baisse de fréquentation de la salle d'Etude.




Je passe par la salle Multimédia. Visiblement, le renouvellement du parc informatique a de nouveau été repoussé cette année.


De retour à la médiathèque, je demande à notre Stagiaire de 3ème, Mélanie, qui vient de finir le classement par titre des livres de la Réserve, où en est son "classement par nom d'auteur?"


En allant à la photocopieuse, je croise notre vacataire Audrey, qui se rend à l'Accueil Général. Je remarque son tshirt "Ah oui, oh c'est un groupe que j'ai découvert récemment mais je ne pense pas que vous connaissiez". Je lui souris maternellement.


Cette agitation matinale m'a laissée exsangue. J'ai besoin d'un petit réconfort avant de partir déjeuner.


C'est le moment que choisit le Konservator pour venir me trouver afin de lui rappeler comment se faire une réservation avec Opsys. J'en profite pour refaire un point sur clic gauche / clic droit.


Je me pose enfin dans mon pied-à-terre du centre-ville où James me prépare un petit frichti au débotté.


Exceptionnellement, après m'être faite faire le rappel du tétanos, je passe à la cuisine de la médiathèque pour me mêler au personnel, me rappelant les conseils de la formatrice en Management. Je m'étonne que pour tant de d'agents déplorant quotidiennement l'absence d'électroménagers performants et de fournitures de cuisine, pas un ne soit présent sur la tranche horaire du midi.


Après m'être renseignée, il semblerait que le personnel soit mobilisé dans sa totalité au service public. Je leur laisse les gâteaux préparés par mon cuisinier personnel à leur attention.


Alors que je suis en plein milieu d'un dossier urgent, Brigitte, la responsable du Pôle Equipement, vient me trouver en compagnie de ses deux agents Jean-Philippe et Bertrand, pour résoudre une situation de crise. En effet Bertrand est extrêmement contrarié que le bureau de Jean-Philippe soit situé près de la fenêtre et pas le sien. Cette situation lui est devenue insupportable et les relations des deux agents et l'ambiance dans le Pôle Équipement s'en trouvent affectées, Bertrand refusant de continuer son travail tant qu'il n'obtiendra pas gain de cause.


Devant une crise d'une telle importance, je fais preuve de bienveillance, d'ouverture d'esprit et de patience, et je tente de convaincre Brigitte qu'un 5ème réagencement de l'Espace Équipement en trois mois n'est pas la mer à boire. Je songe également à réactiver la trappe menant au cachot située sous leurs sièges.


Je reçois deux collègues de la PAO pour préparer le prochain agenda des événements du Réseau des bibliothèques.


Sur l'invitation de la responsable du Secteur Jeunesse, je me rends dans la salle d'animations. Je croise en chemin Aurélie, un membre de leur équipe.


Afin de répondre à la demande des élus, nous comptons mettre en place des séances de méditation à la Rentrée. Vanyda, qui va former le personnel Jeunesse, nous fait une démonstration.


Je répète la présentation de mes derniers coups coeurs littéraires en vue de la prochaine séance.


James m'apporte un assortiment de douceurs pour le goûter.


Je reçois Chloé, la stagiaire de Licence Métiers du Livre, qui a quelques questions à me poser sur mes responsabilités de Directrice Honoraire du réseau des bibliothèques. Je prends un plaisir particulier à remettre en place cette petite pisseuse qui croit connaître tout sur tout et regarde ma veste Chanel comme s'il s'agissait d'un gilet de chez Tati. Heureusement, je gère aussi élégamment les crises de larmes que les demandes de promotion interne.


Mes collègues ont insisté pour organiser des animations dans le cadre de la "Semaine de la Médiathèque ludique". Leur mise en place terminée, je me rends dans les différents espaces les découvrir. J'accuse le coup en silence.


Je me retiens de sortir mon 9mm pour dégommer l'auteur de cette horreur.


Je me dis que les entretiens d'évaluation seront épiques cette année.


Clara, la fille d'une collègue, joue dans les bureaux internes et me demande si je peux lui laisser mon bureau pour "faire la chef". Je la bouscule violemment sans faire exprès.


Retour à la salle d'animations où je reçoit une classe de CE2 pour une séance de découverte musicale. Je les invite à se concentrer sur les sons qu'ils connaissent déjà. Comme celui d'un chien agonisant sur la route.


L'animation est un succès.


Alors que je pensais en avoir fini avec cette journée, les agents de permanence en salle d'Etude m'appellent suite à l'énième passage des élèves de terminale venus réviser le Bac.


Avant de quitter les lieux, j'inspecte mon courrier et tombe sur une brochure d'automate de prêt. J'appelle Claude Poissenot pour lui demander de cesser son harcèlement.


Mon chauffeur me ramène à la maison. Je passe le trajet en communication avec Debbie, avec qui je fais le point sur les événements du jour.


Après avoir enfilé une tenue décontractée, je m'installe confortablement dans mon fauteuil près du feu, et je savoure ce moment de tranquilité bien mérité.


James se joint à moi le temps d'un drink. Je lui raconte ma journée de travail, qu'il commente d'un air navré ou enjoué par de réguliers "Melle vous avez bien du mérite", "Quelle bande d'amateurs", "Bien joué Melle" ou encore par de lapidaires "Consternant". Puis James me dresse le bilan de sa journée passée au Château. Nous conversons ainsi agréablement jusqu'au repas.


Le dîner terminé, je monte me prélasser dans un bain chaud, puis m'installe à mon secrétaire afin de boucler quelques menus dossiers professionnels et privés, avant de regagner ma chambre.

La suite ne regardant que moi, je m'arrête ici.

***













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